Posté le: Jeu Mai 01, 2008 8:34 am Sujet du message: Coup de promo éco sur la fraise espagnole
Bonjour à tous:
voici un sujet envoyé par une de nos lectrices:
Subject: La fraise espagnole : attention danger!
Très instructif ! Et bon appétit !!!
Citation:
D'ici à la mi-juin, la France aura importé d'Espagne plus de 83 000
tonnes de fraises. Enfin, si on peut appeler «fraises» ces gros trucs
rouges, encore verts près de la queue car cueillis avant d'être mûrs,
et ressemblant à des tomates. Avec d'ailleurs à peu près le goût des
> tomates...
> >
> > Si le seul problème posé par ces fruits était leur fadeur, après
> tout, seuls les consommateurs piégés pourraient se plaindre d'avoir
> acheté un produit qui se brade actuellement entre deux et trois euros
> le kilo sur les marchés et dans les grandes surfaces, après avoir
> parcouru 1 500 km en camion. À dix tonnes en moyenne par véhicule, ils
> sont 16 000 par an à faire un parcours valant son pesant de fraises en
> CO2 et autres gaz d'échappement. Car la quasi-totalité de ces fruits
> poussent dans le sud de l'Andalousie, sur les limites du parc national
> de Doñana, près du delta du Guadalquivir, l'une des plus fabuleuses
> réserves d'oiseaux migrateurs et nicheurs d'Europe.
> >
> > Il aura fallu qu'une équipe d'enquêteurs du WWF-France s'intéresse à
> la marée montante de cette fraise hors saison pour que soit révélée
> l'aberration écologique de cette production qui étouffe la fraise
> française (dont une partie, d'ailleurs, ne pousse pas dans de
> meilleures conditions écologiques). Ce qu'ont découvert les envoyés
> spéciaux du WWF, et que confirment les écologistes espagnols, illustre
> la mondialisation bon marché. Cette agriculture couvre près de six
> mille hectares, dont une bonne centaine empiètent déjà en toute
> illégalité (tolérée) sur le parc national. Officiellement, 60% de ces
> cultures seulement sont autorisées; les autres sont des extensions
> «sauvages» sur lesquelles le pouvoir régional ferme les yeux en dépit
> des protestations des écologistes.
> >
> > Les fraisiers destinés à cette production, bien qu'il s'agisse d'une
> plante vivace productive plusieurs années, sont détruits chaque année.
> Pour donner des fraises hors saison, les plants produits in vitro sont
> placés en plein été dans des frigos qui simulent l'hiver, pour avancer
> leur production. À l'automne, la terre sableuse est nettoyée et
> stérilisée, et la microfaune détruite avec du bromure de méthyl et de
> la chloropicrine. Le premier est un poison violent interdit par le
> protocole de Montréal sur les gaz attaquant la couche d'ozone, signé
> en 1987 (dernier délai en 2005); le second, composé de chlore et
> d'ammoniaque, est aussi un poison dangereux: il bloque les alvéoles
> pulmonaires.
> >
> > Qui s'en soucie? La plupart des producteurs de fraises andalouses
> emploient une main-d'oeuvre marocaine, des saisonniers ou des
> sans-papiers sous-payés et logés dans des conditions précaires, qui se
> réchauffent le soir en brûlant les résidus des serres en plastique
> recouvrant les fraisiers au coeur de l'hiver. ... Un écologiste de la
> région raconte l'explosion de maladies pulmonaires et d'affections de
> la peau.
> > Les plants poussent sur un plastique noir et reçoivent une
> irrigation qui transporte des engrais, des pesticides et des
> fongicides. Les cultures sont alimentées en eau par des forages dont
> la moitié ont été installés de façon illégale. Ce qui transforme en
> savane sèche une partie de cette région d'Andalousie, entraîne l'exode
> des oiseaux migrateurs et la disparition des derniers lynx pardel,
> petits carnivores dont il ne reste plus qu'une trentaine dans la
> région, leur seule nourriture, les lapins, étant en voie de
> disparition. Comme la forêt, dont 2 000 hectares ont été rasés pour
> faire place aux fraisiers. La saison est terminée au début du mois de
> juin. Les cinq mille tonnes de plastique sont soit emportées par le
> vent, soit enfouies n'importe où, soit brûlées sur place ...
> > Et les ouvriers agricoles sont priés de retourner chez eux ou de
> s'exiler ailleurs en Espagne. Remarquez: ils ont le droit de se faire
> soigner à leurs frais au cas ou les produits nocifs qu'ils ont respiré
> ... La production et l'exportation de la fraise espagnole, l'essentiel
> étant vendu dès avant la fin de l'hiver et jusqu'en avril, représente
> ce qu'il y a de moins durable comme agriculture, et bouleverse ce qui
> demeure dans l'esprit du public comme notion de saison.
> >
> > Quand la région sera ravagée et la production trop onéreuse, elle
> sera transférée au Maroc, où les industriels espagnols de la fraise
> commencent à s'installer. Avant de venir de Chine, d'où sont déjà
> importées des pommes encore plus traitées que les pommes françaises...
> >
> > N´hésitez pas à faire circuler ...
> >
>
>
>
> Alice Lejeune
>
> Attaché Communication
> Programme de Réduction des Pesticides et des Biocides
> SPF Santé Publique, Sécurité de la Chaîne Alimentaire et Environnement
> FOD Volksgezondheid, Veiligheid van de Voedselketen en Leefmilieu
>
> Eurostation II
> Place Victor Horta 40 - bte 10
> 1060 Bruxelles
> 02/524.72.13
_________________ Amicalement
Alain
La culture, c'est dans ma nature !
Dernière édition par COX le Dim Mai 18, 2008 4:24 pm; édité 1 fois
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